Le Conseil économique, social et culturel a tenu du 4 au 18 février 2013, la 7e session ordinaire de sa 4e mandature avec comme thème « La relance de l’économie nationale », avec l’appui du Pnud. Quinze jours durant, les différents acteurs de l’économie nationale ont fait des communications sur l’impact de la crise politico-sécuritaire sur les segments de l’économie et les propositions de solutions devant donner un coup d’accélérateur à la relance économique.

C’est dans la grande salle de plénière du Conseil économique, social et culturel qu’a eu lieu la cérémonie d’ouverture des travaux de la 7e session ordinaire de la 4e mandature du CESC. C’était sous la présidence de Jeamille Bittar, président de l’Institution.

Outre les membres du CESC, la cérémonie d’ouverture a enregistré la présence effective des membres du gouvernement, des présidents d’institution de la République, des représentants du corps diplomatique, des agences onusiennes accréditées au Mali, des différentes chambres consulaires et plusieurs invités de marque.

Dans son allocution d’ouverture, le président du CESC a, de prime abord, félicité la République de la France à travers son président François Hollande pour le soutien précieux apporté à notre pays pour le recouvrement de son intégrité territoriale. Il a ensuite rendu un vibrant hommage au chef de bataillon français Damien Boiteux, tombé sur le champ de l’honneur.

« Les populations espèrent sur le retour rapide de tous les partenaires et amis du Mali pour une reprise des activités socio-économiques et culturelles », a rappelé le président du CESC. Pour lui, la stabilité du Mali est aussi celle du monde entier. Et c’est maintenant, dira-t-il, qu’il faut trouver les voies et moyens pour soutenir et aider l’économie du Mali avant qu’il ne soit trop tard.

Pour M. Bittar la guerre qui a amorcé sa phase d’achèvement aura engendré des conséquences aggravées par les événements du 22 mars 2012, dont les impacts négatifs ont provoqué l’effondrement du tissu économique de notre pays. Ce qui justifie, selon lui, le choix du thème de la 7e session ordinaire de la 4e mandature du CESC.

Il s’agit, aux dires du président Bittar, d’une invitation à un exercice institutionnel et républicain des Forces vives et de tous les acteurs du développement, afin que puissent être fédérées et mutualisées les réflexions et les propositions pour une prompte relance de l’économie nationale.

Le président du CESC s’est réjoui de l’adoption à l’unanimité de l’Assemblée nationale de la Feuille de route du gouvernement (le 29 janvier dernier) qui, selon lui, pourrait nous conduire vers les portes de la paix retrouvée et le renforcement de notre culture démocratique dans une République unie, prospère et fraternelle.

La parole au gouvernement et aux présidents d’institution

Avant la communication des différents acteurs de l’économie, les ministres du Travail, de la Fonction publique, chargé des Relations avec les institutions de la République, de l’Economie, des Finances et du Budget, les présidents d’institution et le coordonnateur résident du Système des Nations unies au Mali ont exceptionnellement eu droit à la parole et annoncé les couleurs des différentes communications. Chacun a dressé de façon succincte la situation économie en mettant en exergue ses répercussions et a proposé des pistes de solutions.

Le ministre du Travail, de la Fonction publique, chargé des Relations avec les institutions de la République et représentant S. E. M. le Premier ministre, chef du gouvernement, Mamadou Namory Traoré a félicité le CESC pour son souci de contribuer avec anticipation et efficacité à la relance de l’économie du Mali.

« Le gouvernement de transition a deux missions majeurs ; à savoir : le rétablissement de l’intégrité territoriale, qui est en passe d’aboutir et l’organisation d’élections libres et transparentes. Mais, la relance de l’économie est aussi un défi à relever », a précisé le ministre Traoré.

Il a ensuite affirmé que la relance économique est une partie intégrante de la Feuille de route du gouvernement de transition, adoptée par le l’Assemblée nationale au mois de janvier dernier. Pour lui, il faut éliminer cette spirale dépressive qui est apparue dans la sphère économique par la fermeture d’entreprises et aussi la mise en chômage technique et licenciement de travailleurs.

Pour cela, le ministre Traoré est convaincu que le CESC a un rôle prépondérant à jouer. Il a appelé les participants à s’investir pour la réussite des travaux. Les recommandations qui en sortiront, dira-t-il, aideront le gouvernement à mieux s’orienter pour la relance de l’économie nationale.

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, Tiéna Coulibaly, rappellera que « la relance de l’économie nationale » se trouve au cœur des préoccupations du gouvernement du Mali. Il a fait l’état des lieux de l’économie malienne tout en indiquant qu’en 2012, elle devrait connaître une récession de l’ordre de 1,5 % contre une prévision de 6 % de croissance positive en début d’année. Cette récession, selon lui, est tributaire de plusieurs facteurs dont :

– L’insécurité et la crise institutionnelle ;

– La suspension des financements extérieurs ;

– La forte réduction des dépenses de fonctionnement de l’Etat ;

– La forte baisse du financement intérieur des investissements publics ;

– Le déclassement du Mali par les agences de notation en matière de « risque pays », c’est-à-dire à la sécurité des affaires.

A en croire le ministre Coulibaly, les conséquences de ce marasme économique ont favorisé la forte baisse de la production dans les secteurs secondaire, tertiaire, surtout les activités des BTP, le commerce et les services. S’y ajoute une hausse importante du chômage, notamment dans l’hôtellerie et l’artisanat.

Dans le contexte très particulier de crise, le ministre a assuré que le gouvernement a fait le pari des réformes qui vont dans le sens d’un allègement important de la fiscalité et qu’elles visent à élargir l’assiette fiscale, tout en maintenant un cadre macroéconomique incitatif. Il a aussi affirmé qu’en 2013, malgré un budget élaboré sur la base d’hypothèses prudentes, le gouvernement s’attèle à créer des conditions pour une relance de l’économie. Après avoir remercié et félicité le Conseil économique, social et culturel, le ministre de l’Economie, des Finances et du Budget a renouvelé ses sincères remerciements à tous les partenaires techniques et financiers (PTF) qui ne cessent d’apporter leur soutien à notre pays en ces moments difficiles.

L’honorable Boubacar Ba, représentant le président de l’Assemblée nationale a félicité le CESC d’avoir consacré le thème de la 7e session ordinaire de sa 4e mandature à la relance économique. Il s’est dit optimiste quant à une sortie rapide du Mali de la crise politico-institutionnelle et sécuritaire qu’il traverse depuis le mois de mars 2012.

Le président de la Cour suprême et son homologue de la Cour constitutionnelle se sont appesantis sur les facteurs qui ont favorisé l’effondrement du tissu économique et ont indiqué des pistes de solutions pour la relance de l’économie nationale.

Pour Oumarou Ag Ibrahim Haïdara, président du Haut conseil des collectivités, la relance de l’économie nationale doit obéir à certains préalables qui sont, entre autres :

– L’utilisation adéquate des instruments de gestion de l’économie déjà adoptés, en particulier l’étude nationale « Prospective Mali-2025 » ;

– Le rétablissement de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national pour permettre aux acteurs du développement économique, social et culturel de jouer efficacement leurs rôles ;

– La diversification de l’économie notamment par la transformation des matières premières : or, coton, peaux et cuir.

La vision des PTF

Aurélien Agbenonci, coordonnateur résident du Système des Nations unies, représentant le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), dira que le choix du thème : « La relance de l’économie nationale » témoigne de l’affirmation d’un engagement politique et d’un leadership des autorités du pays qui se sont rapidement déterminées à apporter des solutions rapides à cette situation.

Il a partagé avec l’assistance la vision des PTF concernant les voies à emprunter pour relever les défis de la relance économique et de la reconstruction du pays en trois points : sur les plans microéconomique, méso économique et macroéconomique.

Ces points se résument en la nécessité de renforcer la résilience des populations et des communautés affectées par le conflit afin de leur permettre de résister aux effets néfastes de la crise et ainsi rebondir, au fait pour les institutions et organisations compétentes dans l’appui aux entreprises de prendre des mesures idoines pour créer les conditions de redémarrage des activités des PME/PMI, freinées ou ralenties par la crise, et de se pencher sur les capacités de l’économie nationale à résister aux chocs induits par la crise.

Pour tous ces points, il a donné l’assurance que le Système des Nations unies restera aux côtés du Mali afin d’apporter des réponses rapides et efficaces pour une sortie de crise.

Les travaux ont pris fin le 18 février 2013. Dans son allocution de clôture le président du CESC a remercié le Pnud pour son accompagnement. Ainsi que les présidents d’institutions, le gouvernement et la presse nationale et internationale pour leur participation effective. Il est important de souligner que l’ensemble des propositions seront compilées dans un « Livreblanc » pour servir document d’orientation au gouvernement.

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